Certains imaginent que nous n’y parviendrons pas ! Ou plutôt, c’est Speedy-Phil qui pense que nous ne tiendrons pas le coup ! Laisse-moi te dire quand même, mon gars, que tes semelles, on n’a pas trop l’occasion de les voir puisque tu sembles nous fuir depuis plusieurs semaines. Et comme tu veux vraiment en découdre avec les traine-savates que nous sommes, il faudrait certainement que tu commences par nous montrer l’avant de tes pompes de premier !! A moins que battre la campagne aussi longtemps que nous te paraisse inabordable ! Mais, il va bien falloir que tu travailles en endurance d’ici le grand jour !
En ce qui nous concerne et pour atteindre notre objectif de 3h45, notre plan d’entrainement, validé 4 fois par ma pomme, nous fait travailler essentiellement en endurance. Donc, peu importe que tes semelles essaient de nous éblouir ! Les nôtres n’accélèreront pas d’un pouce ! Et pas plus d’un auriculaire tarsien, d’ailleurs !!

Quoiqu’il en soit, pour aller au bout de cette aventure que nous avions décidé, d’un commun accord, de vivre ensemble, le moral doit être au beau fixe. Au contraire de la météo qui s’est méchamment acharnée sur les pauvres pousse-jarrets briards que nous sommes devenus à force de gelures et de mauvais dérapages sur les restes des brumisations résultant des rhums dus à cet hiver fort rigoureux ! Et les sorties comme celle de ce matin ne font que renforcer la sérénité de mon inséparable compère Francis. 30 minutes d’échauffement suivies de 1h55 d’une course à allure raisonnable sur un parcours comportant trois sévères côtes et la fameuse descente de Quincy menant au canal ! Sieur Francis était ravi et aussi frais qu’un gardon qui aurait descendu le Grand-Morin, dont le cours bat son plein actuellement, depuis sa source jusqu’à sa confluence avec la Marne, en passant par ses terribles chutes encore inconnues et donc sans nom !! Mais le gars semblait prêt pour pousser jusqu’au km42 ! Et nous avons du nous empoigner pour que finalement je réussisse à le ramener à la raison !
