Mais, comme devenir et rester un Warrior se mérite, je vais vous conter une petite aventure initialisant ce stage. Vous pourrez alors juger si je suis un vrai warrior ou un bidon. Ainsi, j’ai du reporter mon 1er entraînement montagnard fixé à ce lundi matin. Couchés tard samedi soir, nous avons été réveillés par plusieurs coups de téléphone en pleine nuit (de 2h30 jusqu'à 4h, 4h30.. avec personne au bout ! Très sympa et rassurant ! Levés à 7h00 pour prendre la route et surtout la voiture qui devait l’emprunter et la rendre une fois arrivés à destination, nous étions quand même un peu épuisés avant de commencer la manœuvre !
Et les 750 bornes et 9 heures de confinement qui nous attendaient étaient alors envisagés moins sereinement. Pourtant, tout s’est bien passé jusqu’à 17h45 environ. Là, la pente du col du Lautaret s’inclinant sérieusement, il a fallu marquer un arrêt puis s’entendre dire, d’une bouche de gendarme, ce désagréable ordre filtré par les quelques inévitables flocons de neige se mêlant à ce qui devint progressivement une bien mauvaise plaisanterie : « Mettez vos chaînes » ! S’est ensuivie l’exécution de l’ordre et la difficile réintégration dans le trafic de tous nos cons compagnons de mésaventure. Avancer quelques mètres, stopper, arrêter le contact, redémarrer quelques minutes plus tard pour stopper à nouveau 10 à 15 mètres plus loin… Ce petit manège a duré presque 2 heures durant lesquelles nous avons du péniblement parcourir 1 km pour finalement rester sur place environ 2 nouvelles heures ! Par -6°C à l’extérieur, l’intérieur du coche a commencé à givrer (l’humidité de nos 4 expirations combinées, sans doute !), et nous à nous cailler. Mais durant cette longue attente qui finirait assurément par payer, quelques lumières clignotantes au loin nous rappelaient que nous étions encore sur Terre, au milieu de ce no man’s land. Y avait-il un accident ? Tentait-on de déneiger une portion de la route ? Quelques questions qui restaient sans réponse, au point de finir par nous ennuyer sérieusement ! Aucune information sur notre devenir ne nous parvenait ! Nous étions à environ 4 km du sommet du col et donc à une cinquantaine de l’arrivée. Mais cette arrivée ne se rapprochait pas plus que nous avancions !!

Et, enfin, vers 20h30 les choses ont commencé à évoluer. Les clignotants, d’abord ! Puis l’un d’eux a daigné faire du porte à porte ! Quand j’ai entrouvert la mienne avec difficulté, tant la bourrasque de neige apportée par le terrible vent du Lautaret était puissante, j’ai perçu en réponse à la question que j’avais à peine posée, un bref « Attendez » ! Merci beaucoup, monsieur l’agent ! Puis au passage du gyrophare suivant, après quelques petites minutes, un terrible « Faites demi-tour !!! » a surgit. ! Ouppsss !!!
Dépités, envisageant mal la suite, nous nous sommes encore une fois exécutés pour repartir dans la nuit glaciale, gagnante !! Je passe toutes les questions que nous nous sommes alors posées pour savoir quelle décision prendre !! Le fait est que nous sommes repartis, fatigués, énervés, en colère, pour ôter les chaînes là où nous les avions installées et nous défouler en nous engueulant bêtement dans cette glaciaire à ciel ouvert. Nous avons rebroussé chemin sur une cinquantaine de bornes pour emprunter le seul chemin possible censé nous mener à destination, mais sans garantie que le col à emprunter serait ouvert !! Mais le sort ne s’est pas acharné davantage ! Nous sommes arrivés à 2h00 du matin après un détour de 150 bornes de montagne, fendant la purée de neige qui nous fonçait dessus de plus en plus drue avec notre progression ! 10 km avant de retrouver un lit bien chaud, il a fallu chaîner à nouveau pour affronter l’ultime montée recouverte d’une accueillante épaisse couche de neige, ce qui laissait présager un séjour poudreux ! Mais, Le Warrior Charly Marathonman en avait plein le... Vous comprendrez que mes sketbas de compet soient restées au chaud le lendemain !!!