dimanche 17 janvier 2010

Premiers pas avec les Warriors





Sa 19.12.09 : Francis et moi avons un invité de marque en cette matinée hivernale. Benjamin, surentraîné depuis qu’il s’est installé à Bordeaux (2 séances en 4 mois !), nous fait la joie et l’honneur de nous côtoyer durant les 90 minutes que dure notre intrusion dans une atmosphère froide et humide, meublée d’un dru nuage de flocons, qui, entraînés par un vent cinglant, tiennent bien au sol. C’est un réaliste avant-goût de ce qui nous attend dans les Hautes-Alpes pendant les 2 semaines qui arrivent ! Mais cet air vivifiant nous amuse par la variante qu’il apporte à nos traditionnelles séances. Et Ben tient bon, sur un rythme soutenu, jusqu’à 1km de l’arrivée. Mais là, il s’avoue vaincu, par de vilaines ampoules aux pieds !

Me 06.01.10 : L’impression de chercher à quitter au plus vite un congélateur, l’avez-vous déjà ressentie ? Francis et moi, aujourd’hui, oui !! Mais, faut quand même être cons pour y entrer volontairement dans cette machine !!!! Tellement drôle que, quand nous quittons un espace entièrement venté pour se trouver abrités de ce souffle glacial, nous avons une douillette sensation de chaleur, une envie de tout envoyer promener pour courir à poil sur ce sable blanc que nous foulons sous les cocotiers briards !!
Mon stage en altitude montre son efficacité. Mes nouveaux globules blancs transforment mes chaussures en rollers, si bien que Francis ne peut voir autre chose que mon postérieur lors de son rituel sprint de décrassage ! Et je me délecte de ce moment car généralement c’est le contraire qui se produit ! Pour finir, après un quart d’heure d’étirements et cinq minutes avant sa leçon de piano, Francis a toujours les mains gelées ! Peut-être devrait-il changer d’instrument !

Me 13.01.10 : Départ matinal parmi des flocons humides et sur une couche de neige de 3 à 4 cm. Quel plaisir de courir là-dessus, dans la forêt et sur les chemins au milieu des champs ! Le revêtement velouté, qui dans quelques heures se sera dissout dans le sol, est souple et amortissant à souhait. Seuls les lapins nous ont précédés, s’octroyant le droit de laisser les premières traces du jour sur ce tapis jusqu’alors vierge.


C’est tellement agréable, magique, que Francis décide de rentrer par le chemin des écoliers. « Si on prenait ce chemin à côté de la palissade » ?! Pas spécialement pressé, j’accepte. Toutes les variations sont les bienvenues ; elles assurent le dépaysement et nous protègent de la monotonie qui risquerait de nous nuire ! Alors, on la suit cette palissade. Et pour la suivre, on la suit !! Pendant près de 2 km, notre point de vue de gauche se limite à 2,50 m de hauteur, tout de ferraille verte ondulée ! Et enfin un virage à gauche se présente. Mais toujours aux côtés de ce chantier, et cette fois le chemin se dissout dans les hautes ronces constituant un


magnifique terrain vague ! Et Francis se lance dans la bataille ! La scène est si comique que je nous immortalise !



Ve 15.01.10 : Salut à tous !
Quelle tristesse de se retrouver à courir seul ! Et seul signifie (par les temps qui courent) sans mon ombre :
Francis ! Au fait, lâcheur : arrête de t'empiffrer à la moindre occasion ; tu risques de t'en mordre les doigts dans quelques temps !! Mais il sera alors trop tard ! Trop tard, car le froid nous aura quitté, et il ne servira plus à rien d'essayer de réchauffer tes pauvres doigts qui gèlent si facilement !! T'as compris ?!!
Bon ! Trêve de jeux de mots ! Et passons au choses sérieuses !
Sachez d'abord, si je ne vous en ai pas encore fait part, que je suis ravi de partager d'une manière ou d'une autre tous ces grands moments avec vous !! Le rêve que je caressais depuis pas mal de temps prend donc forme, et c'est génial !! Sachez aussi que votre enthousiasme pour nos échanges électroniques ajoute à mon engouement pour cette aventure ! Alors : bon vent pour tout cela !!! Et que la fête batte son plein !
Donc : en ce vendredi soir, après le forfait d'un soir de mon cher binôme, j'ai affronté seul, comme dans le bon vieux temps, une séance nocturne durant laquelle le brouillard briard n'a eu de cesse de m'accompagner. 20 minutes d'échauffement, 10 d'étirements, 1h10' à 12km/h et pour terminer 10' au trot pour revenir au calme... Ca m'a paru long, et je vous confesse que je n'ai pas tenté de prolonger alors que j'avais prévu 1h30 d'endurance ! En bref, je suis encore juste pour ces longues séances (si elles respectent la programmation) ! Il va donc falloir nous préparer à encaisser ça, et ainsi attaquer ça dès ... tout de suite !!!
Mais passons au fun !!! Peut-être que Jérôme, si loin de nous, piochera quelques idées pour l'aider à passer le temps et se distraire pendant ses longs moments de solitude. Ainsi, j'ai pris comme habitude de tenter de me distraire tout en courant. Exemple : courir au bord du Canal de l'Ourq les yeux fermés !! Qu'en pensez-vous les artistes ? Marrant, non !? Mais, ce soir : pas de cours d'eau ! Que des routes et des trottoirs sur ce Val d'Europe ! Mais, à un moment, un type tout de gris vêtu, sortant curieusement de mon entre-jambes, ma doublé, immédiatement suivi par un balaise black ! Encore plus curieux : sitôt leur forfait commis, ces deux effrontés se sont évaporés à quelques mètres de moi ! Mais, aussitôt, leur petit jeu s'est reproduit ! Le gris s'est longuement étiré tout en se glissant au sol, et le gros black tout en allongeant le pas s'est étiré... et même encore une fois : tiré ! Et à nouveau, la scène s'est reproduite ! Et une autre fois, et encore, et encore...
Vous pensez sans doute que j'hallucine, que je force trop sur l'isostar, peut-être sur l'Eurostar ! Ou peut-être sont-ce les bonnes galettes arrosées de notre patrimonial cidre briard... Quoiqu'il en soit, je vous assure que je n'ai pas rêvé ! Au diable toutes ces gateries et le pinard chevauchant le champagne du week-end dernier ! Fi de mes 4 cafés quotidiens et des verres d'eau du resto Quincéen de ce midi ! Je jure sur le coran de la Mecque que je n'ai pas rêvé !! Et ce spectacle s'est poursuivi ! Pourtant, quelques variantes sont survenues. Parfois, ces gars s'étiraient davantage ! Et même : un troisième surgissait ! Parfois, en prenant leur visage, ils s'étiraient encore plus ; parfois, ils rétrécissaient...
Quand je suis arrivé à proximité de ma bagnole, jai trébuché de fatigue, et tout en rougissant de honte, elle m'a lancé : "Mon pauvre Charly ! Tu n'es que l'ombre de ton ombre" !! Et là, j'ai compris !

1 commentaire:

  1. Contrairement à ce que l'apparence pourrait laisser penser, l'hiver n'est pas seulement propice à "fumer" par un effet de différentiel thermique. Il est vraisemblable que certains investissent également dans une phytothérapie un peu particulière.
    Charles, de grâce, il est indispensable de limiter les compléments alimentaires et autres apport d'oligo-éléments à des substances qui ne provoquent pas d'hallucinations.

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